L’AWEOC lance le Texel Plus, une appellation wallonne qui met en lumière l’amélioration des qualités d’élevage de la race et tranche avec une image dégradée par les préjugés.
Le Texel souffre aujourd'hui d'un double paradoxe. Alors qu'il présente les meilleurs rendements à l'abattage parmi les races ovines, beaucoup de professionnels hésitent encore à l'utiliser en croisement améliorateur de races bouchères. De même, malgré une facilité d'élevage croissante (pâturage toute l'année, agnelage plus facile, ...) certains sélectionneurs tardent à franchir le pas de l'élevage en race pure. En cause, quelques préjugés qui ont la vie dure.
Qui n'a jamais entendu dire que le Texel est « trop petit », « pas bon pour l'élevage » ou demande une césarienne à chaque agnelage? Une image pourtant vieille de quinze ans. Depuis, la race a énormément évolué sous l'impulsion d'une commission raciale dynamique qui a su reconnaître les dangereux travers dans lesquels elle était tombée. L'accent a donc été mis sur le développement et les qualités d'élevage. De nombreux éleveurs assurent ne plus avoir pratiqué de césarienne depuis plusieurs années. De même, il n'est plus rare de rencontrer des béliers qui dépassent la centaine de kilos. Pas mal pour un "petit". La prolificité moyenne atteint souvent les 1,5 jeunes par brebis voire 2 dans certains élevages. Bien entendu, quelques éleveurs gardent une préférence pour un mouton plus petit, au type plus affirmé, voire extrême, mais ceux-ci ne représentent plus aujourd’hui qu'une minorité en marge d'une race en progression globale. Pour preuve, on observe la même tendance amélioratrice aux Pays-Bas, berceau de la race. De même, pour les acheteurs étrangers, un grand gabarit est souvent, à raison, une condition sine qua none d’achat.
C'est pour mettre en avant ce Texel plus économique et ainsi casser les idées reçues que la commission raciale a lancé le Texel+. Celui-ci se base sur cinq critères de sélection objectifs et quantifiables (voir encadré). Il concerne uniquement les femelles à partir d’un an et demi. L’éleveur qui acquiert une brebis Tex+ ou sa descendance a donc une indication claire et fiable sur les bonnes caractéristiques de l’animal en matière de prolificité et de taille. Pas de nouvelle race parallèle donc, mais bien une valeur ajoutée au Texel actuel. Gageons que cette plus-value permettra à la race de se moderniser tout en conservant le patrimoine génétique viandeux exceptionnel qui fait la fierté des éleveurs wallons.